Solutions adoptées pour la gestion des risques fleuves dans le GARD (GARD Noe)

La nécessité de réduire durablement les conséquences des inondations passe par l’adoption d’une bonne stratégie de gestion des risques fleuves (risques liés aux fleuves ou encore risques d’inondations liées aux fleuves). C’est particulièrement vrai pour le cas de l’Europe, car d’après une étude, les récentes inondations en Europe ont toutes été causées par des inondations pluviales et fluviales. Une question se pose alors : comment gérer les risques d’inondation liés aux fleuves ?

C’est la problématique à laquelle nous allons répondre dans cet article. Pour ce faire, nous allons revoir les différentes stratégies et méthodes de gestion des risques fleuves déjà adoptées et mises en œuvre dans le Gard par les autorités locales. Le Gard est un département français situé dans la région Occitanie. Ce département est fortement soumis aux inondations, car il est parcouru en partie ou en totalité par de très nombreux fleuves et rivières. À la fin, nous parlerons aussi du logiciel MEMOGuard. Conçu par CLEVER Technologies, il s’agit d’un logiciel de gestion d’alarmes et d’alertes qui pourrait aider les autorités et les gestionnaires de risques à réagir efficacement face aux aléas naturels comme les fortes crues et les inondations.

Le Gard – un département sujet aux inondations

Le Gard est considéré comme l’un des départements français métropolitains les plus exposés aux inondations. Rien que dans cette catégorie de risque, trois principaux dangers menacent en permanence ses habitants : les inondations de plaine, les inondations par remontée de la nappe phréatique et finalement les crues rapides. Les inondations liées aux fleuves entre dans la catégorie « inondations de plaine ». Elles sont dévastatrices. Mais si les inondations par remontée de la nappe phréatique et les crues rapides sont aussi particulièrement fréquentes et puissantes dans ce département, c’est également à cause des très nombreux fleuves et rivières qui le traversent.

La situation dans le Gard est assez complexe, car les zones inondables sur tout le territoire ne peuvent pas faire l’objet ni d’une délocalisation ni d’une protection absolue. C’est pourquoi, la stratégie de gestion adoptée par les autorités locales vise essentiellement à réduire durablement la vulnérabilité du territoire.

Les actions préventives mises en œuvre dans le Gard

Selon les informations fournies par le « dossier départemental des risques majeurs – département du Gard » et le site « le Gard Noé », la prévention des risques dans le département du Gard repose sur 7 grands piliers :

  1. La connaissance des risques : détermination des aléas, analyse des enjeux et évaluation des risques
  2. Surveiller et alerter
  3. S’informer pour développer la culture du risque : le Dossier Départemental sur les Risques Majeurs (préfet) ; le document d’information communal sur les risques majeurs (Maire) ; information du citoyen
  4. Prendre en compte les risques dans l’aménagement : Les Plans de Prévention des Risques (PPR) pour le préfet ; Plan Local d’Urbanisme pour le maire.
  5. Réaliser des travaux : réduction de l’aléa ; protection (du territoire, des habitants, des habitations, des infrastructures, des terres agricoles…) ; réduction de la vulnérabilité
  6. Préparer et gérer la crise : Plans de secours (préfet) ; Plan communal de sauvegarde (PCS) pour le maire
  7. Assurer le retour d’expérience

Comment connaitre les risques d’inondation liés aux fleuves ?

Pour connaitre le risque, les responsables de gestion des risques procèdent à des études essentiellement de nature hydraulique et météorologique ainsi qu’à la définition et le repérage des zones à risque ou zones inondables. C’est en tout cas la stratégie en vigueur en France depuis des années. Les informations fournies par ces différentes études sont ensuite groupées, puis consolidées dans une carte spéciale appelée Atlas des zones inondables ou AZI. Il s’agit d’un outil de connaissance de l’aléa inondation. Son objectif vise à indiquer l’existence de risque dans les zones mises en avant. Pour aider les lecteurs à comprendre le degré d’importance d’un risque, l’AZI a également été conçu pour simuler les impacts des aléas.

Stratégie de surveillance des aléas d’inondation adoptée dans le Gard

Pour ne pas être surpris par les aléas, deux actions sont mises en œuvre, et ce, de façon permanente : la vigilance météorologique et la vigilance crues. La carte de vigilance météorologique est une carte interactive qui indique le niveau de risque dans chacun des départements français suivant 4 couleurs : vert (pas de vigilance particulière), jaune (soyez attentif), orange (soyez très vigilant) et rouge (une vigilance absolue s’impose). En plus des données pluviométriques (quantité de pluie), cette carte prend aussi en compte d’autres facteurs pour évaluer le risque d’inondation comme l’existence de fleuves, de cours d’eau par exemple, ou encore la caractéristique du sol dans la zone à absorber l’eau de pluie ou les crues.

D’un côté, il y a la carte de vigilance météorologique pour la météo. Et de l’autre, la carte vigicrues pour la prévention de crue. Cette dernière utilise aussi les 4 couleurs cités précédemment pour indiquer le niveau des risques. Mais au lieu d’afficher un résultat par département, elle affiche des données par cours d’eau et fleuve.

Les actions directes de traitement des risques fleuves 

Comme il a été évoqué plus haut, certaines zones inondables dans le Gard ne peuvent malheureusement pas faire l’objet ni d’une délocalisation ni d’une protection absolue. C’est pourquoi, des actions directes de traitement doivent être mises en place dans le but d’éradiquer complètement le risque ou du moins réduire ses impacts négatifs. Les actions de traitement des risques évoquées sur le site GARD Noe sont l’entretien des cours d’eau pour qu’ils puissent contenir beaucoup d’eau, la création de cuvettes de rétention d’eau, la création de puits d’infiltration et bien d’autres encore.

Prévention des risques fleuves par la maîtrise de l’urbanisation

L’urbanisation affecte négativement ou positivement sur le risque d’inondation. Une pluie modérée peut aussi bien inonder une ville si celle-ci n’est pas suffisamment équipée pour évacuer les crues ou si elle se trouve dans une zone inondable ou une zone dont le sous-sol est gorgé d’eau. À l’inverse, si la ville est bien à l’abri de remontées de la nappe phréatique et que les crues sont également judicieusement évacuées, alors même une série de grosses tempêtes n’arriveront pas à l’inonder.

C’est pourquoi, les documents d’urbanisme, notamment à travers l’article L121-1 du code de l’urbanisme, doivent prendre en compte les risques naturels. Évidemment, c’est le cas dans le département du GARD. La loi est particulièrement sévère sur les zones inondables et les plaines. Les plans de prévention des risques d’inondation (PPRi) établissent deux types de zones encadrées :

  • Les zones inconstructibles où il est formellement interdit de construire en raison de la gravité trop importante du risque.
  • Les zones d’expansion avec prescription où les constructions sont autorisées, mais sous réserve.

Information sur les risques – Autre solution de gestion des risques fleuves du GARD

Pour gérer les risques d’inondation liés aux fleuves, les autorités locales dans le département du GARD s’efforcent aussi de bien former et informer les habitants des risques. C’est d’ailleurs dans cette optique que le site GARD Noe a été conçu. En plus de proposer des conseils utiles sur la façon de gérer les risques, ce site met à disposition des internautes (des habitants) toutes les informations et mesures officielles à connaitre pour gérer efficacement les risques : le document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM), le Dossier Départemental des Risques Majeurs (DDRM)… Toujours dans le cadre de la formation et de l’information de la population, à ces documents et dossiers s’ajoutent également les repères de crues, l’information fournie aux acquéreurs ou locataires ou encore l’éducation et la formation sur les risques.

Assurance en cas d’inondation

L’assurance est un excellent levier de transfert des risques aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. En France, toutes les victimes catastrophes naturelles, y compris les victimes d’inondation bénéficient une indemnisation. C’est l’objectif que s’est fixée la loi n° 82-600 du 13 juillet 1982 modifiée, relative à l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles. Pour bénéficier d’une indemnisation, la victime doit cependant remplir quelques conditions : elle doit au préalable être bénéficiaire d’un contrat d’assurance de dommages (multirisques habitation, entreprise, automobile…), les dommages causés par l’inondation doit être particulièrement importants et anormales et pour finir l’état de catastrophe naturelle doit avoir été constaté par un arrêté interministériel.

L’indemnisation s’élève à 380 euros si les dommages concernent les biens à usage d’habitation et non professionnel. Et un minimum de 1 140 euros si les dommages concernent les biens à usage professionnel.

MEMOGuard et alerte inondation  

En France, la façon dont est organisée les secours est partout la même quel que soit le département. L’alerte vient des stations météorologiques et de prévention de crues et sera d’abord transmise au préfet. C’est ensuite à ce dernier de prendre la décision d’alerter les maires des localités concernées. C’est le protocole à suivre partout en France.

MEMOGuard est un logiciel de gestion et de supervision d’alertes et d’alarmes. Dans les grandes lignes, il sert à deux choses : 1- équiper les stations de surveillance météorologique et les stations de surveillance crues de système d’alarme et de diffusion d’alerte performant à la fois autonome et informatisé, 2- ou tout simplement superviser le fonctionnement de vos systèmes d’alarmes et d’alertes déjà mis en place. MEMOGuard s’assure que l’alerte soit donnée au moment opportun, qu’elle soit diffusée via les canaux les plus adaptés et finalement que l’équipe d’astreinte reçoit l’alerte à temps. Avec ce logiciel, vous aurez le choix entre plusieurs canaux de diffusion d’alerte : le SMS, l’e-mail, le Vocal (téléphone fixe ou GSM), Pager, Application, Contact sec, Télécopie, Imprimante, Haut-parleur (carte son), Panneau lumineux et finalement radio 5 tons.

« Autonome » signifie que MEMOGuard est en mesure de déclencher automatiquement la diffusion de l’alerte. Pour ce faire, il suffit aux équipes installées dans les stations de surveillance météorologique et de surveillance crues d’interfacer MEMOGuard à leur système de surveillance et d’analyse de données. Après cela, il faudra configurer le logiciel pour qu’il déclenche automatiquement une alerte une fois que des évènements (informatiques) bien définis aient été observés. L’évènement en question peut être une forte pluie, débit inquiétant d’une crue observée dans la zone surveillée ou autres. Pour finir, MEMOGuard peut être configuré de telle sorte que l’alerte transmise, que ce soit au personnel chargé de la surveillance ou au préfet, s’accompagne de message contenant toutes les données ou les preuves confirmant que la situation est réellement alarmante et que des mesures urgentes doivent être prises.