Gestion des risques – Les Mesures de la Maîtrise des risques ou MMR

La gestion des risques MMR (Mesures de la Maîtrise des risques) a été introduite en parallèle avec le concept de Plan Préventions des Risques Technologiques (PPRT). Désormais, une approche par barrière doit être adoptée pour mener une analyse de risque sur les sites industriels classé seveso. Les barrières de sécurité susceptibles de réduire la probabilité d’occurrence des phénomènes dangereux et d’en atténuer les conséquences doivent être listées. Les performances de ces MMR sont ensuite évaluées quant à leur adéquation au scénario étudié. Cette étude des dangers permet d’appréhender l’aptitude les barrières de sécurités à faire face aux risques. En somme, la gestion des risques basée sur les MMR ou Mesures de la Maîtrise des Risques constitue une approche plus efficace pour contrôler les risques dans les sites industriels. À la fin de cet article, nous parlerons aussi très brièvement de MEMOGuard, un outil tout-en-un de détection et de traitement de risques dans les sites industriels.

La notion de Mesures de Maîtrise des Risques (MMR)

MMR n’est autre que la nouvelle appellation d’une barrière de sécurité dans le cadre de la maîtrise des risques industriels. La circulaire du 10 mai 2010 en application de la loi du 30 juillet 2003 définit une mesure de maîtrise des risques comme suit: « Ensemble d’éléments techniques et/ou organisationnels nécessaires et suffisants pour assurer une fonction de sécurité ». Autrement dit, une MMR est définie par rapport à une fonction de sécurité

D’après le glossaire technique des Risques technologiques, la fonction de sécurité a pour objectif de réduire la probabilité d’occurrence de même que les effets d’un événement non souhaité dans un système. Les fonctions de sécurité assurent principalement 5 actions : empêcher, éviter, détecter, contrôler et limiter. 

La Loi N°2003-699 du 30 juillet 2003, dite Loi Bachelot traite la prévention des risques technologiques et naturels ainsi que la réparation des dommages. Elle introduit l’obligation de mener une étude de dangers basée sur une analyse de risques permettant de connaître la gravité potentielle et la probabilité d’occurrence des accidents. Cette démarche doit passer par une évaluation des barrières de sécurité ou MMR existantes. En effet, afin qu’une MMR soit valable, elle doit être efficace, en adéquation avec les évènements à maîtriser, testées et maintenues.

Les types de barrières de sécurité

Selon leur finalité, les barrières de sécurité peuvent être classées en 2 grandes familles : les barrières de prévention et les barrières de protection. 

  • Les barrières de prévention sont des mesures de sécurité qui permettent d’éviter et d’empêcher la survenance des accidents. C’est le cas par exemple d’un programme régulier d’entretien préventif des équipements, la formation du personnel ou le contrôle des activités en cours.
  • Les barrières de protection sont des dispositifs de sécurité placés entre le récepteur et le danger afin de minimiser les probabilités d’occurrence d’accident et ses conséquences. On peut citer comme exemple les appareils de détection avec alerte, un bassin de rétention, les procédures d’évacuation et le plan d’urgence. 

Selon les matériels utilisés et le degré d’intervention humaine, on recense 3 types de barrières de sécurité: les barrières techniques, les barrières humaines et la combinaison des deux appelée barrières à action manuelle de sécurité.

  • Les barrières humaines de sécurité sont également appelées barrières organisationnelles. Elles correspondent à un ensemble d’activités humaines se traduisant en opérations et procédures permettant de prévenir un accident ou d’en limiter les conséquences. Le plus souvent, il s’agit soit de vérifier la préparation d’une activité pouvant présenter des risques soit de corriger manuellement une déviance.
  • Les barrières techniques de sécurité sont constituées par des éléments matériels, des dispositifs de sécurités ou des systèmes instrumentés de sécurité (SIS) pour réduire la probabilité de survenance et les conséquences d’un accident. Les barrières techniques passives ne mettent en jeu ni système mécanique ni intervention humaine ni source d’énergie externe pour remplir leurs fonctions. Exemple: une cuvette de rétention, un disque de rupture, les arrête-flammes et les murs coupe-feu. En revanche, les barrières techniques actives font appel à des dispositifs mécaniques tels que des ressorts ou des leviers. Exemple: une soupape de décharge sur un réservoir ou un clapet limiteur de débit. Un SIS se distingue de ces deux autres barrières techniques en ce sens qu’il est composé d’un détecteur, d’une unité de traitement de l’information et d’un élément mécanique (vanne, pompe…)
  • Les barrières à action manuelle de sécurité associent un dispositif technique à une intervention humaine. Ce système mixte combinant barrière technique et humaine est également appelé Système à Action Manuelle de Sécurité (SAMS). On peut citer comme exemple la mise en position de sécurité d’une vanne de sécurité par actionnement manuel d’un bouton d’arrêt d’urgence suite à une détection de fuite de gaz au cours d’une ronde de surveillance.

Les évaluations des performances des MMR

Les barrières de sécurité mises en place sur un site industriel doivent faire l’objet d’une évaluation. En effet, il est possible de démontrer la maîtrise des risques d’une installation seulement à travers la performance de ses MMR. L’évaluation a pour finalité l’attribution d’un facteur de réduction de risques, se traduisant par le niveau de confiance, aux barrières de sécurité retenues. Par ailleurs, la probabilité d’occurrence d’un phénomène dangereux est tributaire de la probabilité de défaillance de la barrière de sécurité correspondante. 

Les barrières techniques de sécurité sont évaluées à travers 3 critères: l’efficacité, le temps de réponse, le niveau de confiance. 

  • L’efficacité se définit par l’aptitude de la MMR à remplir la fonction de sécurité qu’elle est prévue assurer. Elle est évaluée dans le contexte d’utilisation de la barrière de sécurité et pendant une durée donnée de fonctionnement à travers un scénario d’accident précis. Elle est exprimée en pourcentage d’accomplissement. Dans la plupart des cas, l’efficacité est de 100 %.
  • Le temps de réponse correspond à l’intervalle de temps situé entre le moment où une barrière de sécurité est sollicitée et le moment où la fonction de sécurité attendue est réalisée en intégralité. Le temps de réponse peut se décliner en 3 étapes: la détection de l’incident, la transmission de l’information et la réalisation de l’action de sécurité. Il est possible que le temps de réponse soit fourni par le constructeur mais on peut également le mesurer sur site. Pour être retenue, le temps de réponse d’une MMS doit être significativement inférieur à la cinétique du phénomène. 
  • Le niveau de confiance (NC) d’une barrière de sécurité est inhérent à son facteur de réduction de risques. Il s’agit d’un chiffre de 0 à 5 attribué selon le tableau issu de la norme NF EN 61511-1 pour les systèmes fonctionnant à la sollicitation et la norme NF EN 61508 pour les systèmes fonctionnant en mode continu.

Afin d’évaluer la performance dans le temps, la maintenance et la testabilité sont également prises en compte.

Quant aux barrières humaines de sécurité, leur évaluation implique un travail d’analyse qualitative des modalités réelles de mise en œuvre. Elle nécessite une approche ergonomique des situations de travail en tenant compte des connaissances des agents et de leurs conditions de travail. 

MEMOGuard et Gestion des risques dans les sites industriels  

Risques industriels – définition

Avant de parler de MEMOGuard, il est d’abord important de bien définir ce que sont les risques industriels. Par définition, le risque industriel est la probabilité qu’un ensemble de facteurs propres à un groupe d’industries réduise la performance globale de l’industrie. Il fait aussi référence aux évènements qui ont des conséquences négatives pour le personnel (blessure, maladie, mort…), le site industriel (incendie, explosion…), l’environnement (pollution, épuisement des ressources…). Tous les aléas, facteurs et phénomènes externes susceptibles de nuire aux activités industrielles (tremblement de terre, sècheresse…) sont aussi considérées comme risques industriels et technologiques.

Présentation MEMOGuard

MEMOGuard est une solution logicielle tout-en-un de gestion des risques industriels et technologiques dans la mesure où il est utile à la fois pour la détection et le traitement direct et indirect des risques. Voici une liste de ce que MEMOGuard peut faire :

  • Gestion d’alarme et d’alerte (canaux de diffusion proposés : SMS, e-mail, Vocal, Pager, Application, Contact sec, Télécopie, Imprimante, Hautparleur, Panneau lumineux radio 5 tons),
  • Surveillance et supervision informatique pour la surveillance de système informatique et réseau. MEMOGuard peut s’interfacer avec Nagios et Centreon.
  • Surveillance et supervision (informatique) industrielle pour la surveillance et la supervision de systèmes, d’installations et d’équipement industrielles.
  • Gestion d’astreinte et de cellule de crise.

MEMOGuard est également logiciel de communication et d’échange de données. Pour finir, il est aussi une plateforme SaaS de diffusion massive de SMS.